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DUPÉRON Isabelle

Doctorante [2014] (études indiennes)

Directeur de thèse : Jan E.M. Houben
Ecole doctorale : ED 472, Ecole Pratique des Hautes Etudes

Titre de thèse : Les sources védiques de la doctrine de la renaissance.

champs de recherche : Upaniṣads, Brāhmanas, rituel védique, philosophie indienne

Résumé de thèse

La publication de Greater Magadha par J. Bronkhorst relance un débat déjà fort ancien dans l’indianisme, à savoir celui de savoir si la doctrine classique de la renaissance (punar-janma), autrement dit la théorie de la transmigration des âmes, est d’origine purement védique et brahmanique, ou si au contraire elle a d’abord été professée par des groupes ou populations étrangers à la tradition brahmanique : dans la première de ces conceptions, la doctrine de la renaissance se serait progressivement formée à partir du début de l’époque upaniṣadique à partir d’éléments précurseurs déjà présents depuis longtemps dans le corpus védique ; selon la seconde, c’est seulement à une date relativement tardive que la pensée brahmanique aurait adopté les notions de renaissance (et de karman en tant que cause de la renaissance) sous l’influence de milieux culturels extérieurs, semble-t-il liés à des mouvements ascétiques de type « śramanique ».
Mon étude entend reprendre en détail les arguments en faveur de l’origine essentiellement brahmanique de la doctrine de la renaissance, en passant systématiquement en revue tous les textes du corpus védiques (excepté toutefois la Ṛgveda Saṃhitā) pour y rechercher des précurseurs archaïques des notions de renaissance et de karman ; elle cherche également, autant qu’il est possible, de proposer des conjectures plausibles à propos de la manière dont l’évolution des idées védiques a permis graduellement, à partir de ces précurseurs, la genèse progressive de la doctrine classique.
L’attention se porte bien évidemment, au départ, sur la notion de punar-mrtyu, largement présente dans les textes des Brāhmaṇas tardifs, mais il s’agit surtout de mettre en lumière qu’elle est liée avec une version archaïque de la théorie du karman tournant autour du thème de la kṣiti, c’est-à-dire de l’épuisement progressif des résultats des actes sacrificiels. On cherchera en suite à remonter le temps, pour tenter de retrouver – essentiellement dans les Saṃhitās du Yajurveda Noir et l’Atharvaveda Saṃhitā – des traces annonçant les idées qui ont été plus largement développées à l’époque des Brāhmaṇas tardifs. Au final, il faudra interroger le rôle qu’ont joué les kṣatriyas dans le passage de la notion de punar-mrtyu à celle de punar-janma.

Cursus universitaire

1989 : agrégation de philosophie
1996 : doctorat de philosophie (Paris X)
2007 : master en études indiennes (EPHE)

Publication
  • Héraclite et le Bouddha, deux pensées du devenir universel, L’Harmattan, 2003

 

mis à jour le